
—————————–>
Il existe une vieille règle en politique locale que tout le monde connaît mais que personne n’ose prononcer à voix haute : quand on manque de conviction, on compense par le nombre. Quand on manque de militants, on recrute des figurants.
Et quand on manque de scrupules… eh bien, on n’hésite devant rien.
Dans les communes populaires comme Noisy-le-Sec, où la mixité sociale côtoie la précarité, certains élus ont compris que la fragilité des uns pouvait devenir la force des autres.
Il leur suffit d’un appartement par-ci, d’un emploi par-là, d’une place en crèche ailleurs… et voilà que la gratitude se transforme en dette, puis la dette en servitude.
Monsieur Sarrabeyrouse, une question simple : comment constitue-t-on vos brigades de tractage ?
Quels profils recrute-t-on ? Comment s’assure-t-on que chacun s’engage librement, en pleine connaissance de cause, sans pression économique ou sociale ?
Car enfin, que penser lorsque des personnes en arrêt maladie depuis des mois s’affichent soudainement sur les réseaux sociaux, tract en main, sourire aux lèvres, au service de votre campagne ?
Est-ce du militantisme ? Est-ce de la conviction ? Ou est-ce autre chose — quelque chose qui ressemble étrangement à de l’instrumentalisation ?
Recruter des personnes qui n’ont pas la nationalité française et donc qui ne peuvent pas voter, des personnes qui ne savent pas lire ni écrire, est-ce les méthodes-clés de Sarrabeyrouse pour gagner ces élections ?
Le clientélisme, cette vieille maladie de la politique locale. Donner pour recevoir. Loger pour obliger. Rendre redevable pour récolter les applaudissements.
On connaît la méthode : un appartement ici, un emploi là, une place en crèche ailleurs. Et le jour venu, on vient frapper à la porte : « Tu te souviens ? Maintenant, c’est ton tour de rendre service. »
Monsieur Sarrabeyrouse, une question s’impose : vos soutiens les plus zélés sont-ils des militants libres ou des obligés reconnaissants ?
Car quand l’engagement ressemble à une dette, ce n’est plus de la politique. C’est du commerce.
Les Noiséens méritent des élus qui convainquent — pas des élus qui achètent.
On ne bâtit pas une victoire sur l’exploitation des fragilités. On ne construit pas un projet politique sur le dos de ceux qu’on devrait protéger.
À moins, bien sûr, que la fin justifie tous les moyens.
Oui, il existe une vieille règle en politique que tout le monde connaît : on récolte ce que l’on sème. Certains sèment des idées et récoltent l’adhésion. D’autres sèment des faveurs et récoltent des obligés.
La différence ? Les premiers construisent des projets. Les seconds fabriquent des dettes. Et un jour, comme chaque saison finit par tourner, les Noiséens jugeront. Ils jugeront ceux qui leur ont parlé d’avenir — et ceux qui ont simplement acheté leur silence.
Cet article s’inscrit dans le cadre de la liberté d’expression garantie par l’article 10 de la Convention européenne des droits de l’homme et la loi du 29 juillet 1881 sur la liberté de la presse.