Car voyez-vous, en démocratie comme en amour, ce n’est pas la quantité des gestes qui compte, mais leur sincérité. Et à Noisy-le-Sec, la sincérité démocratique ressemble de plus en plus à ces miroirs de fête foraine — déformante, grotesque, et finalement révélatrice de ce qu’on préférait cacher. Jeudi prochain, le conseil municipal se réunira. L’ordre du jour est publié, les projets de délibérations brillent par leur absence, et les élus devront voter sur des dossiers qu’ils n’auront pas eu le temps d’étudier. Cinq jours pour comprendre, sept jours pour questionner. Le monde à l’envers, vous dis-je.
Il existe dans la vie des institutions une curieuse maladie que l’on pourrait appeler « l’illusion du mouvement ». On s’agite, on convoque, on publie…
Mais sous cette chorégraphie bien réglée se cache parfois un vide abyssal. Car voyez-vous, en démocratie comme en amour, ce n’est pas la quantité des gestes qui compte, mais leur sincérité.
Et à Noisy-le-Sec, la sincérité démocratique ressemble de plus en plus à ces miroirs de fête foraine :
déformante, grotesque, et finalement… assez révélatrice.
Jeudi prochain, le conseil municipal se réunira. L’ordre du jour vient tout juste d’être publié. Les projets de délibérations ? Toujours pas reçus. Les annexes ? Encore moins. Bienvenue dans cette démocratie version Sarrabeyrouse où l’on convoque sans informer, où l’on consulte sans éclairer, où l’on délibère sans préparer.
Le règlement intérieur, ce gardien pointilleux des apparences, se conforme à la loi : cinq jours francs. Techniquement irréprochable. Moralement indéfendable. Car entre un long week-end du 11 novembre et des dossiers d’une complexité digne d’une ville de 47 000 âmes, le temps réel d’analyse devient… dérisoire.
Mais voici où le paradoxe atteint des sommets grotesques : les questions orales, elles, doivent être déposées sept jours francs avant le conseil. Sept jours pour interroger, cinq jours pour comprendre. Plus de temps pour poser la question que pour étudier la réponse. Le monde à l’envers, vous dis-je.
Ce mandat restera dans les mémoires comme celui des erreurs accumulées avec une constance presque touchante : délibérations retirées à la dernière minute, le Centre Gérard Philipe affublé d’un « P » de trop, superficies fluctuantes selon l’humeur des documents, versions rectificatives publiées sans jamais montrer l’original. L’art de la transparence… opaque.
Pendant ce temps, notre édile cultive d’autres priorités : inaugurer avec la coupure traditionnelle d’un ruban devant des portes qui existent depuis des lustres, faire campagne dans les villes voisines, multiplier les photos pour le futur tract électoral. Travailler les dossiers ? Relire les délibérations ? Respecter l’intelligence collective ? Non, non. Pas dans l’agenda. Pas prioritaire.
Pour une commune de cette taille, exiger des délibérations propres, des dossiers complets transmis dans des délais raisonnables, des documents vérifiés, une cohérence entre les versions successives… ce n’est pas trop demander.
C’est le minimum. Le strict minimum.
Voyez-vous, mes chers amis, la démocratie locale est comme un jardin : elle ne prospère que par l’attention quotidienne qu’on lui porte. Négligez-la, et les mauvaises herbes de l’approximation envahissent tout. Arrosez-la de mépris déguisé en légalisme, et elle se dessèche. En mars 2026, les Noiséens se souviendront.
Car si la mémoire des électeurs est parfois courte, celle des humiliations répétées reste, elle, étonnamment vivace. Et quand viendra le temps du jugement des urnes, ils se rappelleront : ce mandat fut celui où l’amateurisme devint méthode, où la forme supplanta le fond, où le spectacle remplaça la substance.
Dans le grand théâtre de la démocratie locale, le rideau finit toujours par tomber. Et avec lui, les illusions.
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