La compensation écologique : les comptes n’y sont pas !

Il existe, dans les communes populaires de la petite couronne parisienne, des mystères que personne ne cherche vraiment à élucider. Des équations dont les résultats s’évanouissent entre deux signatures, comme la brume d’automne se dissipe au premier rayon du soleil — sans que quiconque ne songe à demander où elle est partie. Ce matin d’hiver, au Parc des Guillaumes, les enfants jouent encore, les familles pique-niquent, les promeneurs cherchent un peu de verdure dans le béton francilien.
Ils ne savent pas encore qu’un accord a été signé dans les couloirs feutrés de l’Hôtel de Ville. Un accord qui engage leur parc pour trente années. Le temps d’une génération entière. Car voyez-vous, les mathématiques possèdent cette vertu cruelle : elles ne mentent jamais. Le SYCTOM devait compenser 1,5 hectare de nature détruite. L’avant-contrat n’en prévoit que 0,98. Plus d’un demi-hectare s’est volatilisé quelque part entre l’obligation légale et sa concrétisation. Et personne n’a demandé aux Noiséens leur avis.

Il existe, dans les communes populaires de la petite couronne parisienne, des mystères que personne ne cherche vraiment à élucider. Des équations dont les résultats s’évanouissent entre deux signatures, comme la brume d’automne se dissipe au premier rayon du soleil.

Ce matin d’hiver, si vous vous promeniez au Parc des Guillaumes, vous pourriez encore croire que rien n’a changé. Les enfants jouent, les familles pique-niquent, les promeneurs cherchent un peu de verdure dans le béton francilien et des friches sont toujours là.

Mais quelque part, dans les couloirs feutrés de l’Hôtel de Ville, un accord a été signé. Un accord qui engage leur parc pour trente années. Le temps d’une génération entière. Le Syctom est le pollueur et doit compenser en re-naturant. Ainsi, c’est la zone du Parc des Guillaumes qui a été confisqué à la ville pour que le Syctom y fasse sa compensation écologique.
Personne ne leur a demandé leur avis.

Les mathématiques, voyez-vous, possèdent cette vertu cruelle : elles ne mentent jamais. Le SYCTOM devait compenser 1,5 hectare de nature détruite — c’est la loi. Mais l’avant-contrat ne prévoit que 0,98 hectare.
Plus d’un demi-hectare s’est volatilisé quelque part entre l’obligation légale et sa concrétisation, comme ces pièces de monnaie qui disparaissent au fond des poches trouées.

Trente-cinq pour cent de remise sur une dette écologique. Qui a validé cette réduction ? Sur quels critères ? Ces questions flottent, sans réponse, dans les documents soumis au Conseil Municipal.

Mais le plus savoureux reste le caniparc.

Sept cents mètres carrés offerts par Est Ensemble. Générosité apparente. Cadeau de Noël avant l’heure. Sauf que la Ville devra en assurer la gestion — entretien, nettoyage, réparations — pendant trois décennies. Sans compensation financière, puisque l’indemnité du SYCTOM ira à Est Ensemble, pas à Noisy-le-Sec.

Il y a des cadeaux qu’on offre et des cadeaux qu’on fait semblant d’offrir. Les seconds coûtent généralement plus cher que les premiers.
Quant au contrat lui-même, il ressemble à ces accords où l’un s’engage pieds et poings liés pendant que l’autre garde les clés de la sortie dans sa poche.

Le SYCTOM peut résilier sans pénalité si son projet est abandonné. La Ville, elle, devra verser des dommages et intérêts si elle souhaite se retirer. Le propriétaire paie ; le locataire part quand bon lui semble.

Dans quel monde un propriétaire accepte-t-il de telles conditions ?

Et puis il y a cette signature du 1er avril 2025 — le Maire engageant la Ville avant même que le Conseil Municipal ait délibéré. L’ordre constitutionnel inversé. On signe d’abord, on demande l’autorisation ensuite.

Oui, il existe des élus qui confondent gouverner et dissimuler. Qui prennent le silence des citoyens pour un consentement, et leur confiance pour une carte blanche.

Mais les Noiséens, voyez-vous, commencent à compter. Les hectares manquants, les coûts invisibles, les obligations à sens unique. Ils découvrent que dans cette fable moderne, ils jouent le rôle des figurants — ceux qu’on appelle « riverains », « usagers », « habitants ». Ceux qu’on n’appelle jamais à donner leur avis.

Un engagement de trente ans méritait au moins trente jours de concertation. Ils n’ont eu droit ni à l’un, ni à l’autre.
Mais ils ont la mémoire longue. Et les élections, elles, approchent.




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