Le prix du silence

Il existe une vérité mathématique que même les meilleurs avocats ne peuvent contredire : deux plus deux font quatre. Dans les communes urbaines du Grand Paris, comme partout ailleurs, l’arithmétique conserve cette rigueur implacable que la politique voudrait parfois assouplir. Mais les chiffres, voyez-vous, ont cette qualité remarquable : ils ne mentent jamais.
Ils attendent simplement qu’on prenne le temps de les lire. En ce mois d’octobre 2025, à Noisy-le-Sec, une délibération municipale a fait disparaître 85 000 euros de valeur publique dans le silence feutré d’une salle de conseil. Un terrain acheté 215 000 euros, revendu 130 000 — tandis que le marché immobilier local progressait de quarante-deux pour cent. Et quelque part, dans les bureaux du tribunal administratif de Montreuil, des calculatrices s’apprêtent à additionner ce que des délibérations ont soustrait.

Quand les chiffres racontent ce que les mots refusent de dire.

Il existe une vérité mathématique que même les meilleurs avocats ne peuvent contredire : deux plus deux font quatre. Dans les communes urbaines populaires du Grand Paris, comme partout ailleurs, l’arithmétique conserve cette rigueur implacable que la politique voudrait parfois assouplir. Mais les chiffres, voyez-vous, ont cette qualité remarquable : ils ne mentent jamais. Ils attendent simplement qu’on prenne le temps de les lire.
En ce mois d’octobre 2025, à Noisy-le-Sec, une délibération municipale a été adoptée dans le calme feutré d’une salle de conseil. Samia Sehouane, élue en charge du dossier, a présenté la cession de deux parcelles communales pour 130 000 euros. Le vote s’est déroulé dans l’ordre, les formulaires ont été signés, les procédures respectées. Tout semblait parfaitement normal.

Sauf les chiffres.

Premier calcul : en 2008, la commune avait acheté ces terrains pour 215 001 euros. En 2025, elle les revend pour 130 000 euros. Perte sèche : 85 000 euros. Dans le même temps, le marché immobilier local progressait de quarante-deux pour cent. Comment un bien public peut-il perdre quarante pour cent de sa valeur quand tout autour de lui prend de la valeur ? L’arithmétique attend toujours sa réponse.

Deuxième calcul : le prix pratiqué s’élève à 107,70 euros le mètre carré. Les données du marché local établissent des valeurs entre 543 et 877 euros le mètre carré pour un terrain à vocation économique. Division : 107,70 divisé par 620 égale 0,17. Dix-sept pour cent de la valeur réelle. Et aucun discours, aussi éloquent soit-il, ne peut transformer dix-sept pour cent en cent pour cent.

Troisième calcul : le Parc d’Activités du Terminal compte cent soixante entreprises. Nombre d’entreprises consultées pour cette cession : zéro. Cent soixante multiplié par zéro égale zéro transparence. L’arithmétique, encore une fois, se montre d’une simplicité déconcertante.

Quatrième calcul, plus troublant encore : l’évaluateur des Domaines retient une surface « d’environ 1 000 mètres carrés », alors que le cadastre établit avec certitude 1 207 mètres carrés. Deux cent sept mètres carrés se sont volatilisés dans l’opération. Au prix retenu, cette « erreur » représente 27 000 euros de manque à gagner. Comment fait-on disparaître deux cent sept mètres carrés d’un document officiel ? L’arithmétique attend toujours sa réponse.

Dernier calcul, celui du calendrier : cinq mois nous séparent des élections municipales. Cinq mois pour finaliser une vente controversée. Cinq mois, juste assez de temps pour que tout soit bouclé avant que les électeurs ne se prononcent. Coïncidence ? Peut-être. Mais l’arithmétique des calendriers électoraux a rarement tort.

Samia Sehouane peut expliquer pendant des heures pourquoi ce terrain n’a aucune valeur pour la collectivité. Elle peut invoquer les dépôts sauvages, la configuration parcellaire, les contraintes techniques. Elle peut noircir des pages entières de justifications administratives. Mais au bout du compte, il reste ces chiffres, obstinés, implacables, qui refusent de coïncider avec le récit officiel.

Car voyez-vous, on peut habiller une décision de tous les arguments juridiques que l’on veut. On peut multiplier les considérants, les attendus, les motivations réglementaires. Mais on ne peut pas faire mentir l’arithmétique. Elle est là, patiente, incorruptible, attendant que quelqu’un la regarde vraiment.

L’hiver approchait sur Noisy-le-Sec, et avec lui, cette clarté particulière qui rend les chiffres plus visibles encore. Dans les bureaux du tribunal administratif de Montreuil, des calculatrices allaient bientôt additionner ce que des délibérations avaient soustrait.

Et quelque part, dans cette commune urbaine de la petite couronne, des citoyens commençaient à comprendre une vérité aussi vieille que la démocratie elle-même : quand les mots se contredisent, fiez-vous aux chiffres. Ils ne savent pas mentir.



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