Le train, Monsieur Franceschini, oui. Mais lequel ?

Il existe, dans le grand théâtre de la politique locale, des coïncidences si parfaites qu’elles en deviennent suspectes. Voyez-vous, le hasard a parfois des allures de chorégraphie soigneusement répétée. Ainsi, lorsque Thomas Franceschini annonce son meeting de campagne quasi au même instant que le maire communiste sortant lance le sien, on pourrait y voir un simple caprice du calendrier. On pourrait. Mais ce serait oublier que les dissidences les plus dévastatrices portent toujours le masque de l’ambition personnelle déguisée en conviction.
Face à Olivier Deleu — candidat légitime, candidat de l’union, celui autour duquel une alternative crédible aurait pu se construire — cette candidature parallèle agit comme un poison lent dans les veines d’une opposition qui rêvait enfin de victoire. Car pendant que la gauche au pouvoir parade, unie dans ses certitudes, ceux qui prétendent la combattre s’offrent le luxe de la division. En mars prochain, les électeurs de Noisy-le-Sec choisiront. Mais encore faudrait-il qu’on leur propose autre chose qu’un miroir brisé face à un bloc sans fissure.

Monsieur Franceschini, vous étiez hier soir à la gare de Noisy-le-Sec pour « dialoguer avec les habitants ». Fort bien. Pendant ce temps, j’ assistais au conseil municipal — ce lieu où l’on débat du budget de notre ville, où l’on questionne les choix de la majorité, où l’on défend concrètement les intérêts des Noiséens. J’y étais pour soutenir les associations de locataires de Béthisy.
J’y étais pour entendre les échanges sur le débat des finances, entendre le bilan du SIPLARC et surtout pour défendre le CNN, à qui le maire refuse d’honorer en ne versant pas les subventions pourtant votées. Ce rendez-vous citoyen auquel vous avez été élu pour participer, vous l’avez manqué. Votre mandat court jusqu’en mars 2026. Il serait temps de l’exercer.
Être présent sur le terrain, dites-vous ? Commençons par être présent là où le mandat l’exige. Distribuer des tracts à la gare ne remplace pas le travail d’élu. L’un relève de la communication, l’autre du devoir.
Parlons de votre bilan, puisque vous aspirez à diriger notre ville. Il est introuvable. Adjoint au commerce sous le précédent mandat : quelles enseignes avez-vous attirées ? Quels commerces avez-vous sauvés ? Quel dynamisme avez-vous insufflé au tissu économique local ? Quelles actions concrètes êtes-vous le plus fier ? Le silence qui répond à ces questions est assourdissant.
Et vous voilà aujourd’hui poussant les portes des commerçants noiséens pour une vidéo de campagne — vous qui n’avez pas su les défendre quand vous en aviez le pouvoir ?!
Parlons de vos tribunes dans le magazine municipal, cet espace précieux où l’opposition peut s’exprimer. Les vôtres ? Tantôt absentes pour « problème d’email » — à l’ère du numérique, quelle excuse ! — tantôt si consensuelles qu’on les confondrait avec des cartes de vœux. Une tribune d’opposition, Monsieur Franceschini, ça s’oppose. Ça questionne. Ça dérange. Celle de septembre ressemblait davantage à un faire-part qu’à un acte politique.
Le silence qui en dit long
Parlons enfin de ce moment troublant du dernier conseil municipal, quand le maire vous a publiquement remercié de ne pas être intervenu sur le rapport du SIPLARC. Remercié par le maire. Un élu d’opposition remercié pour son silence. Laissons cette phrase résonner.
« Ensemble, on réussira », écriviez-vous en décembre. Le message était clair, l’appel à l’unité explicite. Face à une municipalité d’extrême gauche, une réponse citoyenne unie s’imposait. Et puis ? Les intérêts personnels ont pris le dessus. La candidature séparée est venue. Celle qui divise. Celle qui, mécaniquement, arrange le maire communiste sortant.
Vous avez parfaitement le droit de vous présenter — la démocratie, c’est cela. La vraie question est : mais quand une candidature sert moins les Noiséens qu’une ambition personnelle, quand elle affaiblit l’alternative plutôt qu’elle ne la renforce, quand elle fait le jeu de ceux qu’elle prétend combattre, il faut avoir l’honnêteté de le dire.
Vous parlez d’être « à l’écoute ». Mais écouter les Noiséens, c’est d’abord être présent quand on vote leur budget. C’est défendre leurs intérêts en conseil, pas seulement en tractant. C’est incarner une opposition digne de ce nom, pas une opposition molle, pas une opposition de confort qui vaut au maire des remerciements.
Quel maire serez-vous, Monsieur Franceschini, si vous n’arrivez déjà pas à être un élu d’opposition présent, combatif et fiable ?
Les Noiséens méritent une alternative. Une vraie. Pas une division qui profite à un maire communiste sortant.


Thomas Francechini se lance pour la course pour les mmunicipales face à une gauche unie, une candidature qui arrange bien le Maire sortant


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