
Il existe une vérité que chaque être humain découvre tôt ou tard : les petits détails que nous négligeons sont souvent les miroirs les plus fidèles de notre âme. Une date oubliée révèle l’indifférence. Un prénom écorché trahit le désintérêt. Et parfois, un drapeau confondu dévoile, mieux qu’aucun discours, la légèreté avec laquelle certains exercent leurs responsabilités.
Ce lundi matin, les réseaux sociaux nous ont offert un spectacle édifiant. Un spectacle révélateur. Un spectacle qui, à lui seul, résume cinq années d’approximation municipale.
Sénégal ou Nigeria ?
Confondre deux nations. Confondre deux drapeaux. Confondre deux équipes. Et publier la mauvaise photo sans même prendre la peine de vérifier.
Car voilà ce que nos yeux ébahis ont découvert : après la victoire historique des Lions de la Teranga face au Maroc en finale de la CAN 2025, notre édile a cru bon de féliciter… l’équipe du Nigeria. Le Nigeria, qui n’était même pas en finale. Le Nigeria, dont les couleurs n’ont rien à voir avec celles du Sénégal. Le Nigeria, éliminé depuis plusieurs jours déjà.
On publie vite. On publie mal. On publie n’importe quoi.
Quand on ne sait pas faire la différence entre Dakar et Lagos, entre les Super Eagles et les Lions de la Teranga, peut-être vaut-il mieux rester couché ce lundi matin plutôt que de s’afficher sur les réseaux sociaux.
Et puisqu’on parle de football…
Souvenez-vous de la Coupe du Monde des Clubs FIFA 2025. Un mois entier de compétition mondiale, du 15 juin au 13 juillet. Les plus grands clubs de la planète réunis sur le sol américain.
Qu’a fait notre Maire pour les Noiséens ? Rien.
Pas d’écran géant place du Maréchal Foch ni nulle par ailleurs. Pas de projection publique au Londeau contrairement au film BARBIE. Pas de soirées foot entre voisins sur les places de nos quartiers. Pas un moment de partage collectif.
Pendant que Bondy, Bobigny ou Montreuil créaient du lien social autour du ballon rond, Noisy-le-Sec restait muette. Silencieuse. Absente.
Poster des photos de football sur Facebook, c’est facile. C’est gratuit. Cela ne demande aucun effort, aucune organisation, aucune vision.
Offrir aux Noiséens un vrai moment de partage et de convivialité, c’est une autre affaire. Cela demande de l’anticipation, de la coordination, de l’investissement. Cela demande, tout simplement, de gouverner.
Oui, les petites négligences sont des fenêtres ouvertes sur les grandes. Et dans ce labyrinthe qu’est la vie publique, certains élus choisissent le chemin de l’apparence tandis que d’autres empruntent celui de la substance. Les premiers communiquent avant de réfléchir, annoncent avant de vérifier, s’agitent avant d’agir. Les seconds construisent, rassemblent, vérifient.
Les Noiséens, eux, observent. Et ils se souviennent.
Car c’est ainsi que fonctionne la mémoire collective : elle retient moins les grands discours que les petits gestes. Moins les promesses que les actes. Moins les drapeaux brandis que les couleurs confondues.
Post-scriptum : Bravo aux Lions de la Teranga pour ce deuxième titre continental ! Et félicitations sincères à l’équipe marocaine : vous avez livré une finale intense et disputée. La victoire sera pour la prochaine fois, mais vous avez fait honneur à votre pays et à tout un continent.
Cet article s’inscrit dans le cadre de la liberté d’expression garantie par l’article 10 de la Convention européenne des droits de l’homme et la loi du 29 juillet 1881 sur la liberté de la presse.

