Madame Dieynaba Sy, l’éveil tardif d’une élue en quête de lumière

Il y a des silences qui en disent long. Et puis il y a des prises de parole qui en disent plus encore. Pendant près de cinq ans, Madame Dieynaba Sy fut une élue transparente — non pas au sens de la probité, mais au sens de l’invisibilité. Une ombre parmi d’autres dans la salle du conseil municipal, un vote silencieux que personne ne remarquait. Et puis, soudain, l’éveil. À trois mois des élections municipales, voilà que notre élue socialiste découvre les vertus de la tribune, multipliant les interventions avec cette ferveur des conversions tardives.
Car voyez-vous, les métamorphoses politiques obéissent rarement au hasard du calendrier. Celle-ci survient précisément au moment où se profile une liste dissidente pour mars 2026. Mais la lumière, parfois, révèle ce que l’on préférait cacher. Et quand Madame Sy choisit de donner des leçons de droit lors du dernier conseil, elle ignorait sans doute qu’une décision du tribunal administratif de Montreuil, datée du 2 juillet 2024, la condamnait personnellement à rembourser 901,89 euros pour un déplacement illégalement financé par la commune. On peut comprendre les ambitions. On peut respecter les désaccords. Mais on ne saurait accepter que ceux qui donnent des leçons de légalité soient précisément ceux que la justice a rappelés à l’ordre.
Quand l’ambition personnelle se heurte au mur du droit : Il y a des silences qui en disent long. Et puis il y a des prises de parole qui en disent plus encore.Pendant près de cinq ans, Madame Dieynaba Sy, déléguée à la lutte contre l’habitat insalubre, fut une élue transparente. Pas au sens de la probité — nous y reviendrons — mais au sens de l’invisibilité.

Une ombre dans la salle des mariages où se tient le conseil municipal de Noisy-le-Sec, un vote silencieux parmi d’autres.

Et puis, soudain, l’éveil. A trois mois des élections municipales. Voilà que notre élue socialiste découvre les vertus de la tribune, multipliant les interventions, affichant sans fard une rancœur longtemps contenue envers ses partenaires communistes, envers le Maire lui-même.

Coïncidence troublante : cette métamorphose survient précisément au moment où se profile une liste dissidente pour mars 2026.

Une sommation qui somme de réfléchir : Lors du dernier conseil municipal, Madame Sy a voulu briller. Elle a choisi pour terrain la délibération relative à la protection juridique du Maire. Las ! Ce qui devait être une démonstration de force s’est transformé en aveu d’incompétence.

Car enfin, comment expliquer qu’une élue de la République, siégeant depuis cinq ans, ignore ce qu’est une sommation interpellative ?

Ces deux mots figuraient pourtant noir sur blanc dans le courriel qu’elle avait reçu. Une sommation interpellative n’est pas une menace : c’est un acte juridique solennel, une mise en demeure formelle qui vise à rétablir la vérité des faits pour que les élus puissent délibérer en toute connaissance de cause.

Plus troublant encore : cela ne semble pas la déranger que des éléments erronés, voire falsifiés, soient inscrits dans une délibération — un acte authentique engageant la commune. Les délits de faux et d’usage de faux ne lui parlent-ils pas ? Dans ce cas, quelle perception a-t-elle de la présomption d’innocence ou encore de la protection des données personnelles ?

Affirmer qu’un élu serait « au-dessus des lois », qu’aucun citoyen ne devrait user des voies de droit pour alerter une assemblée, c’est méconnaître les fondements mêmes de notre démocratie locale. C’est confondre protection et impunité.

Le précédent qui oblige : mais peut-être Madame Sy aurait-elle dû, avant de donner des leçons de droit, balayer devant sa propre porte. Car le droit finit toujours par rattraper ceux qui l’ignorent.

La décision de justice ne date pas d’il y a près de 20 ans, elle date de l’année dernière. Le 2 juillet 2024 précisément, le Tribunal administratif de Montreuil a rendu une décision sans appel : la prise en charge par la commune des frais d’un déplacement de juillet 2022 était illégale, faute de mandat spécial voté par le conseil municipal.

Conséquence : les élus concernés doivent rembourser personnellement. Pour Madame Sy, la note s’élève à 901,89 euros (TA Montreuil, 4e chambre, 2 juillet 2024, n° 2215719).

L’antithèse d’un parcours : Voilà le paradoxe de cette séquence politique :
Ce n’est pas la transparence qu’elle a choisie, c’est l’invisibilité.
Ce n’est pas le droit qu’elle maîtrise, c’est l’ignorance qu’elle affiche.
Ce n’est pas l’intérêt général qu’elle défend, c’est son positionnement qu’elle prépare.

On peut comprendre les ambitions. On peut respecter les désaccords. Mais on ne saurait accepter que ceux qui donnent des leçons de légalité soient précisément ceux que la justice a rappelés à l’ordre.

Madame Sy, vous vouliez sortir de l’ombre. Soit. Mais souvenez-vous : la lumière, parfois, révèle ce que l’on préférait cacher.
Les Noiséens jugeront.




Cet article s’inscrit dans le cadre de la liberté d’expression garantie par l’article 10 de la Convention européenne des droits de l’homme et la loi du 29 juillet 1881 sur la liberté de la presse. Les faits, citations et témoignages évoqués reposent sur des éléments disponibles, des documents syndicaux publics et des informations d’intérêt général au moment de la publication. Aucune imputation personnelle de nature diffamatoire n’est formulée à l’encontre d’un individu déterminé.
L’article relève d’une démarche d’information et d’analyse sur le fonctionnement institutionnel d’une collectivité publique, sans intention de nuire ni d’atteindre à l’honneur d’une personne. Toute précision ou rectification documentée sera naturellement publiée à la demande des intéressés dans le respect du droit de réponse.