Vraie inauguration ou faux lancement d’une campagne électorale ?

Il existe dans la vie politique locale des moments où les masques tombent sans que personne ne s’en aperçoive — sauf ceux qui regardent vraiment. Jeudi 6 novembre 2025, la mairie de Noisy-le-Sec inaugurait avec faste ce qu’elle appelait la « Maison des associations ». Rubans coupés, petits fours disposés avec soin, sourires calibrés pour les photographes.
Un spectacle parfait, à un détail près : le centre Charlie Chaplin accueille les associations noiséennes depuis des années. Personne n’avait jugé utile de le préciser. Car voyez-vous, dans l’art subtil de la communication municipale, renommer devient créer, repeindre devient transformer, et célébrer l’existant devient inaugurer le nouveau. Pendant ce temps, à quelques rues de là, des associations manifestaient pour réclamer des moyens concrets. Mais les rubans, eux, se coupent tellement mieux que les problèmes.
Quand une inauguration inaugure un bâtiment dédié aux associations depuis des années : chronique d’une mystification municipale

Jeudi 6 novembre 2025. Un visuel coloré, produit par le service communication de la Ville de Noisy-le-Sec, annonce avec fierté « l’inauguration de la Maison des associations ». Au programme : coupure de ruban, buffet municipal, et probablement quelques discours enthousiastes. Une seule ombre au tableau : le centre Charlie Chaplin, rue Moisan, accueille les associations noiséennes depuis des années. Alors, inauguration ou opération de communication ?

Il y a des moments dans la vie politique où les masques tombent. Pas volontairement, bien sûr. Personne n’aime révéler la stratégie derrière le sourire. Mais parfois, le calendrier parle de lui-même. Une inauguration qui n’inaugure rien, quelques mois avant les élections. Un buffet pour célébrer ce qui existe déjà, pendant que le monde associatif réclame des moyens concrets. Oui, il y a des moments où le cynisme est si évident qu’aucune peinture fraîche ne peut le masquer.

L’art d’inaugurer l’existant

Inauguration. Ce mot magnifique qui évoque la nouveauté, le commencement, la création. Ce mot qui fait battre le cœur des élus et cliqueter les appareils photo. Ce mot qui, le 6 novembre 2025, a pris les Noiséens pour des amnésiques.
Car le centre Charlie Chaplin existe. Il accueille les associations noiséennes depuis des années. Tout le monde le connaît, tout le monde y vient. Mais dans l’art de la communication municipale, il suffit d’un pot de peinture et d’une nouvelle plaque pour transformer l’ancien en nouveau.
Renommer devient créer. Repeindre devient transformer. Et convoquer la presse pour célébrer ce qui existe déjà devient… un événement.

Petits fours et calendrier électoral

Parfois, la qualité du buffet municipal en dit plus long qu’un discours officiel. Les petits fours sont-ils généreux ? Le champagne coule-t-il à flots ? Les sourires sont-ils un peu trop éclatants pour être parfaitement sincères ?
Novembre 2025. À quelques mois des élections municipales. Le timing, voyez-vous, est rarement le fruit du hasard. Juste assez tôt pour lancer une dynamique de campagne, juste assez tard pour marquer les esprits avant le scrutin. Les photos qui s’en suiviront sur Facebook et les éléments de langage du Maire en diront long sur l’objectif de cet évènement qui n’en ai pas un.

Alors la question se pose : cette « inauguration » servait-elle vraiment à célébrer les associations ? Ou plutôt de lancement officieux de campagne déguisé en événement municipal ?

Quelques associations complices étaient présentes, arborant les sourires de circonstance qu’on affiche quand on ne veut pas contrarier ceux qui tiennent les cordons de la bourse. Car c’est bien connu : rien ne vaut quelques canapés pour faire oublier l’essentiel.

Quand les associations réclament des actes

Et l’essentiel, le voici : pendant qu’on coupe des rubans devant les caméras, le monde associatif noiséen serre les dents. Les associations manifestent dans les rues, expriment leur détresse publiquement. Des députés ont même sonné l’alarme à l’Assemblée nationale. « Ça ne tient plus », disent-elles.

Et qu’obtiennent-elles en retour ? De la peinture fraîche. Du marketing municipal. Une inauguration qui n’inaugure rien. Pendant que le Cercle des Nageurs Noiséens se voit refuser ses subventions et que 310 enfants attendent une place, on leur offre du théâtre.

Les associations ont besoin de budgets, pas de poudre aux yeux. Elles ont besoin de financements pérennes, pas de rubans à couper sur des portes qui existent déjà. Elles ont besoin d’une politique ambitieuse, pas d’un coup de communication.

Renommer n’est pas créer. Communiquer n’est pas agir. Et les Noiséens ne sont pas dupes.

Oui, le centre Charlie Chaplin a reçu un nouveau nom et quelques coups de pinceau. Dans quelques semaines, personne ne se souviendra de cette inauguration factice, sinon comme d’un exemple de ce que les Noiséens ne veulent plus accepter : des promesses cosmétiques quand ils demandent des actes concrets, du théâtre quand ils espèrent de la politique.

Les associations continueront leur combat. Et les électeurs, eux, se souviendront. Parce que contrairement aux plaques qu’on change et aux rubans qu’on coupe, certaines choses ne s’effacent pas si facilement. Surtout pas à quelques mois d’une élection.




Cet article s’inscrit dans le cadre de la liberté d’expression garantie par l’article 10 de la Convention européenne des droits de l’homme et la loi du 29 juillet 1881 sur la liberté de la presse. Les faits, citations et témoignages évoqués reposent sur des éléments disponibles, des documents syndicaux publics et des informations d’intérêt général au moment de la publication. Aucune imputation personnelle de nature diffamatoire n’est formulée à l’encontre d’un individu déterminé.
L’article relève d’une démarche d’information et d’analyse sur le fonctionnement institutionnel d’une collectivité publique, sans intention de nuire ni d’atteindre à l’honneur d’une personne. Toute précision ou rectification documentée sera naturellement publiée à la demande des intéressés dans le respect du droit de réponse.