Les égos en ont décidé autrement.
Alors oui : cette page qu’on croyait fermée vient de s’ouvrir à nouveau. Pour six ans. Un très long chapitre. Dont certains, et ils se reconnaîtront, porteront seuls le poids devant l’Histoire de Noisy-le-Sec.
Olivier Sarrabeyrouse n’arrive pas à obtenir la majorité absolue mais avec 46.75% des voix remporte les élections municipales.
La leçon du 22 mars.
Les Noiséens ont parlé. La démocratie a parlé. Je l’entends.
Olivier Sarrabeyrouse est réélu maire de Noisy-le-Sec avec 46,75 % des suffrages exprimés. C’est la règle républicaine. Je la respecte. Je la salue.
Monsieur le Maire, vous avez gagné. Maintenant, gouvernez pour tous. Pas pour vos 46 %. Pour les 100 %. Chaque Noiséen — qu’il ait voté pour vous, contre vous, ou qu’il ne soit pas sorti de chez lui — mérite un maire. Pas un chef de clan. Un maire.
Le coup de génie qui aurait dû marcher.
Thomas Franceschini a tenté quelque chose de rare en politique : fédérer. Rassembler. Convaincre Souad Terki et Medy Labidi de dépasser leurs ego pour servir une cause commune.
C’était audacieux. C’était juste. C’était presque suffisant.
Presque.
Les Noiséens en ont décidé autrement. Les socialistes ont en décidé autrement car Medy Labidy a perdu une grande partie de son électorat entre le 1er et le second tour. Mais qu’on ne s’y trompe pas : Thomas Franceschini sort de cette élection grandi. Son heure viendra. Elle viendra parce qu’il a compris ce que tant d’autres ignorent encore — qu’en politique, on ne gagne jamais seul. Ce n’était pas le bon moment. Le bon moment, lui, arrivera.


Le verdict des chiffres. Implacable.
Au soir du 15 mars, la réalité était simple. Brutale. Lumineuse.
Les listes non-communistes totalisaient 63 % des voix. Soixante-trois pour cent. La victoire était là. Mathématiquement acquise. Historiquement possible.
Il suffisait d’un seul geste. Un seul. Celui de l’union.
Franceschini + Labidi + Terki + Khetala + Deleu : plus de 53 %. Sarrabeyrouse était battu. Noisy était sauvée. Six ans de gestion communiste évités.
Au lieu de cela ?
La désunion. L’ego. Le calcul personnel. Et le désastre collectif.
Thomas Franceschini — le rendez-vous manqué d’un homme d’avenir.
Les Noiséens l’ont dit clairement : ils l’ont placé challenger direct d’Olivier Sarrabeyrouse, loin devant tous les autres. Loin devant ceux qui étaient pourtant implantés depuis des années.
Il a compris ce que peu osent en politique : que l’union fait la force. Qu’on ne bat pas une gauche organisée avec des divisions d’amateurs. Alors il a tendu la main à Souad Terki. Il a tendu la main à Medy Labidi. Deux alliances que personne n’anticipait. Deux gestes qui forcent le respect.
Ce n’était pas suffisant. Les Noiséens en ont décidé autrement. Mais Thomas Franceschini sort de cette élection la tête haute — plus grand qu’il n’y est entré.
Six ans, c’est long. Mais six ans, ça se prépare. Il aura le temps de consolider, d’apprendre, de construire ce rassemblement qu’il a failli réussir du premier coup.
En attendant, les Noiséens attendent de lui une chose simple : être un vrai opposant. Exigeant, rigoureux, sans complaisance. Parce que Noisy mérite une opposition à la hauteur de ses ambitions.
Son heure viendra. Elle viendra.
Olivier Deleu — l’homme qui a offert Noisy au PCF.
Permettons-nous d’être précis. Permettons-nous d’être justes.
Olivier Deleu avait 11,98 % au premier tour. Il était qualifié. Légitime. Attendu à la table de l’union.
Mais voilà. Quelque chose a changé dans sa tête entre le 15 et le 22 mars. Il a menti. Il a encore menti. Il nous a trahi. Son adversaire n’était plus Olivier Sarrabeyrouse. Non. Son adversaire était devenu Thomas Franceschini. Celui qui, précisément, aurait pu le battre, le maire.
Il s’est maintenu. Seul. Contre tous. Contre le bon sens.
Résultat ? 658 voix. Un siège. Et Sarrabeyrouse réélu.
658 voix qui, ajoutées à Franceschini, changeaient tout. 658 voix qui ont changé l’histoire de Noisy — dans le mauvais sens.
On fêtait hier le 61ème anniversaire d’Olivier Deleu. Joyeux anniversaire, Monsieur Deleu. Ce sera peut-être le plus amer de votre vie politique. Parce que vous porterez longtemps — très longtemps — le poids de ce choix.
Et puisqu’il paraît que les décisions, dans cette maison, ne se prennent pas toujours là où on le croit — puisqu’il paraît que les caprices ont eu leur mot à dire sur les places de liste, sur les stratégies, sur les alliances — alors permettez que l’Histoire retienne aussi cela.
L’objectif est atteint, Madame ISABELLE DELEU, épouse de Olivier Deleu (la véritable candidate dans cette élection) : Sarrabeyrouse est réélu. Vous pouvez être satisfaite. Noisy, elle, l’est beaucoup moins. Vous avez manipulé le collectif et trahi les électeurs de OLIVIER DELEU. Prête à tout, vous avez évoqué les frais de campagne et l' »affaire familiale DELEU », vous avez même évoquez à tord le droit, en omettant les articles qui ne vous arrangeaient pas. Vous nous avez manipulé comme vous avez manipulé votre époux. Honte à vous !
Morad Khétala — l’honneur de cette élection.
Un mot, enfin. Un mot qui s’impose.
Il y a trois mois, personne ne connaissait Morad Khétala. Trois mois. Dans un paysage politique où Olivier Deleu est implanté depuis vingt-cinq ans, un inconnu a fait près de 15% au permier tour, et 13,35 % au second tour. Loin, très loin devant Olivier Deleu. Respect !
Vingt-cinq ans d’implantation contre trois mois de campagne. Et c’est l’inconnu qui gagne.
Cela s’appelle un message. Cela s’appelle un signal. Cela s’appelle la sanction du bilan.
Morad Khétala entre dans l’histoire de Noisy la tête haute. Son programme — la santé, la jeunesse, le concret — était le meilleur de cette campagne. Il le savait. Les Noiséens l’ont senti.
Les bras auraient du lui être tendus, sans lui, la victoire était difficile, mais on a préféré le sous-estimé.
Il ressort de cette élection avec trois sièges, une crédibilité intacte et un avenir ouvert.
La conclusion. Celle qui fait mal.
L’extrême gauche ne gagne pas parce qu’elle est majoritaire à Noisy-le-Sec.
Elle gagne parce que ses adversaires se sont tirés une balle dans le pied.
Elle gagne parce que certains ont préféré leurs petites ambitions à l’intérêt de 47 000 habitants.
Elle gagne parce que l’union — possible, chiffrée, démontrée — a été sabotée de l’intérieur.
Noisy-le-Sec paiera cette désunion pendant six ans. Six ans de gestion communiste que 63 % des électeurs ne voulaient pas.
L’union n’est pas une option. C’est une obligation.
Ceux qui la sabotent ne sont pas des stratèges. Ce sont les vrais responsables de la défaite.
Les Noiséens s’en souviendront.
Cet article s’inscrit dans le cadre de la liberté d’expression garantie par l’article 10 de la Convention européenne des droits de l’homme et la loi du 29 juillet 1881 sur la liberté de la presse.