L’écharpe et la mise en scène : quatre adjoints pouvaient ils la porter ?

Jeudi 17 septembre 2026 est une date à marquer d’une pierre blanche dans l’histoire de Noisy. A la sortie de l’audience dans lequel je suis intervenu après le rapporteur de la République, et Jean-Paul Lefebvre je suis intervenu pour rappeler certains éléments que j’estime grave à l’encontre de Olivier Sarrabeyrouse et j’ai surtout dénoncé une confusion des genres entre les moyens municipaux, et ceux du candidat. Une confusion des genres qui n’est pas saine. A la sortie de l’audience, Cinq élus ont sortie et portés leur écharpe de la République pour poser devant la journalise du Parisien et produire une vidéo dans laquelle le Maire se lance en campagne. Mais voilà, l’écharpte ne doit pas servir leur communication de crise, ils oublient qu’elle ne se prête pas — elle se mérite, dans les seules circonstances que la loi autorise. L’écharpe d’élu ne doit pas etre instrumentalisé en faveur d’une communication de crise. Le préfet et leprocureur doivent etres informés de ce que je considère etre un nouvel abus, une trahison de la République à des fins politiciennes.

Il y a des images qui ne mentent pas. Il y a des images qui disent, mieux que mille discours, ce qu’un pouvoir devient quand il perd le sens de ses propres limites. Cette image-là, nous l’avons tous vue : quatre adjoints, l’écharpe tricolore en bandoulière, aux côtés de leur maire, souriant fièrement devant le tribunal administratif de Montreuil. Une mise en scène. Une communication. Une faute.

L’Écharpe et le mise en scène : Quatre élus pouvaient ils la porter ?

Il y a des images qui posent une question, avant même qu’on ait le temps d’y répondre. Cette image-là, nous l’avons tous vue : quatre adjoints, l’écharpe tricolore en bandoulière, aux côtés de leur maire, devant le tribunal administratif de Montreuil. Une mise en scène. Une communication. Et une question juridique qui exige désormais une réponse..

Une écharpe tricolore représente une fonction publique.

Elle n’appartient à personne. Elle n’est pas un totem de communication, elle n’est pas un totem électoral, elle n’est pas un totem de campagne. Elle est le symbole de la République elle-même, portée dans des circonstances que la loi définit strictement. L’article D. 2122-4 du code général des collectivités territoriales le dit avec une clarté qui ne souffre guère d’ambiguïté : les adjoints ne la portent que dans l’exercice de leurs fonctions d’officier d’état civil ou de police judiciaire, ou lorsqu’ils remplacent ou représentent le maire, dans les conditions prévues par les articles L. 2122-17 et L. 2122-18.

Or que nous dit le dossier ? Que M. Le Coroller a une délégation sur la voirie. Que M. Lacaille-Albigés a une délégation sur la mobilité. Que M. Mathi a une délégation sur l’éducation. Que Mme Mokri a une délégation sur le handicap. Aucun des quatre arrêtés dont je dispose ne prévoit une mission de représentation du maire dans le cadre d’un contentieux électoral — sous réserve, naturellement, d’un éventuel arrêté complémentaire que la préfecture pourra vérifier.

Le maire était pré »sent. Alors sur quel fondement ?

Voilà la question qui doit occuper chaque Noiséen, chaque Noiséenne. La présence du maire exclut, en apparence, l’hypothèse de son remplacement au titre de l’article L. 2122-17 — ce texte visant l’absence, la suspension, la révocation ou l’empêchement du maire. La photographie publiée par Le Parisien, sous la signature d’Hélène Haus, le montre pourtant lui-même à l’audience, entouré de plusieurs élus de sa majorité, et lui-même revêtu de son écharpe.

Reste donc une question précise : chacun de ces quatre adjoints disposait-il d’une délégation lui permettant de représenter le maire, au sens de l’article L. 2122-18, dans les circonstances de cette séquence ? C’est précisément ce que j’ai demandé au préfet de vérifier. En l’état des documents disponibles, le fondement juridique de ce port de l’écharpe n’apparaît pas. Aux intéressés, ou à la préfecture, de produire, le cas échéant, le texte qui le justifierait.

Un contexte qui mérite d’être rappelé

Cette séquence en tricolore n’est pas intervenue dans n’importe quel climat. Elle survient quelques minutes seulement après que le rapporteur public, devant le tribunal administratif de Montreuil, a proposé l’annulation des élections municipales de Noisy-le-Sec — une proposition qui, je le rappelle, émane d’un magistrat indépendant, et que la formation de jugement reste libre de suivre ou non. Le jugement est attendu le 30 septembre. Et c’est à ce moment précis que quatre adjoints ont revêtu l’écharpe pour une séquence immédiatement reprise en vidéo, diffusée comme un « Communiqué du Maire ». Le rapprochement entre ces deux faits — l’audience et la mise en scène — mérite, à lui seul, d’être examiné.

Une même règle pour tous

Car c’est bien de cela qu’il s’agit : d’un contentieux électoral, où les urnes de mars 2026 sont aujourd’hui contestées devant le juge. Et c’est précisément à la sortie de cette audience que ces élus ont choisi de porter l’écharpe pour une opération de communication. Une utilisation du symbole républicain dans une séquence de communication politique dont il appartient désormais au préfet d’apprécier le fondement juridique. La même règle doit s’appliquer à tous.

Ce n’est pas un détail de protocole. C’est un principe qui mérite d’être clarifié.

On me dira : ce ne sont que des écharpes, une image, un instant. Je réponds : ce sont des institutions, une confiance, un cadre légal précis. Si aucun fondement juridique n’existe, il ne s’agirait plus d’une simple question de protocole mais d’une méconnaissance du cadre applicable. Et le fait que quatre adjoints aient simultanément porté l’écharpe, dans ce contexte précis, justifie à lui seul que la question soit sérieusement examinée.

Les Noiséens ne demandent pas des excuses. Ils demandent des comptes.

J’ai saisi en urgence le préfet de la Seine-Saint-Denis. Je lui ai demandé, pièces à l’appui, d’examiner si ces quatre adjoints disposaient, ce 17 septembre, du fondement juridique nécessaire pour porter cette écharpe dans ces circonstances.

Une écharpe tricolore représente une fonction publique. La question posée est simple : quelles fonctions ces quatre adjoints exerçaient-ils lorsqu’ils l’ont portée devant le tribunal ?

À présent, à la préfecture de répondre.

 


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