
A quoi bon signer une pétition qui ne servira à rien ? La municipalité le sait ! Ce n’est pas une petition de 2 000 signatures qui va changer quelque chose. La vérité est d’ailleurs et on cherche à faire distraction. Six ans de mandat, un tramway toujours à l’arrêt, et pour tout bilan, une pétition. Voilà, en une phrase, tout ce qu’il faut savoir de ce dossier.
Reprenons la chronologie, dates à l’appui, car c’est elle qui accuse — pas nous. Le calendrier général de l’opération T1 Bobigny–Val-de-Fontenay, document officiel diffusé par le Département et la RATP, promettait noir sur blanc : fin 2024, achèvement des travaux d’aménagement urbain ; 2025, essais du matériel roulant, formation des conducteurs, marche à blanc, **mise en service**. C’était écrit. C’était daté. C’était un engagement.
Onze mois plus tard, le 8 juillet 2025, la vérité du chantier rattrape la promesse du calendrier. Un habitant présent salle des mariages fait ce calcul, imparable : la portion Gare–Auchan, cent mètres à peine, aura nécessité trois années pleines. À ce rythme, il reste deux kilomètres jusqu’à la place Carnot. Le vice-président du Conseil départemental, sur le fauteuil des explications, ne dément rien : il évoque lui-même un « minimum de trois ans de retard ». Et c’est là, précisément, qu’il prononce la formule qui scellera tout le reste : *« Le nouveau calendrier sera respecté. Je prends l’engagement, on fera tout pour le tenir. »*
Onze mois plus tard, en juin 2026, les mêmes élus qui portaient cette parole doivent, publiquement, s’humilier à la demander de nouveau.
Une promesse d’hier devenue l’aveu d’aujourd’hui
Il y a la promesse d’hier. Et il y a l’aveu d’aujourd’hui.
La promesse d’hier, c’était 2025. L’aveu d’aujourd’hui, c’est un calendrier étalé jusqu’en 2028, section après section, rue après rue : Barbus–Damoiselet reporté à septembre 2026, Damoiselet–Brément à fin octobre 2026, rue du Parc–rue Arnaud repoussée au printemps 2028. Ce n’est pas nous qui l’affirmons. C’est le document de suivi de chantier lui-même.
Les urnes, en mars 2026, n’ont pas menti davantage. Neuf maires sortants se présentaient sur le territoire d’Est Ensemble ; Noisy-le-Sec, seule ville totalement paralysée par ce chantier depuis six ans, a produit le plus mauvais score de premier tour de tout le secteur — 33,75 % —, avant un second tour à quatre listes conclu sans majorité absolue, à 46,75 %. Voilà un bilan qui ne doit rien à l’opposition, et tout aux chiffres.
Six ans de silence sur les pénalités de retard. Six ans de renvoi de responsabilité vers le maître d’ouvrage départemental. Six ans d’un « ce n’est pas moi, c’est le Département » érigé en politique de communication. Et pour finir, en 2026 : une pétition. Un peu comme cette autre pétition, restée sans le moindre effet, contre les vendeurs de cigarettes de contrebande, aujourd’hui solidement installés en centre-ville. La méthode ne varie jamais. Seule varie la cause.
Le 8 juillet 2025, ou la mise en scène de la concertation
Il faut revenir sur cette soirée. Elle dit, mieux qu’aucun communiqué, ce que vaut la « collaboration étroite et intense, tant du point de vue politique que du point de vue technique » vantée entre la ville et le Département.
La réunion, prévue à 18 heures, débute en retard. Le son, décrit par plusieurs participants comme « bizarre », se dégrade — un défaut technique que l’on retrouve, depuis, jusque dans les enregistrements du conseil municipal lui-même. Avant même l’ouverture des débats, une querelle de chaises éclate : des habitants installés au premier rang sont priés de « se décaler encore d’un rang », des places ayant été réservées aux élus sans qu’ils en aient été prévenus. La scène est consignée telle quelle dans les notes de séance : *« Les deux chaises où vous étiez assis tout à l’heure ?… Non, je vous ai dit que c’était réservé… l’erreur est humaine. »* Une habitante présente à Noisy depuis quarante-six ans s’entend répondre que « les élus se mettent là où il y a de la place ». Le sentiment qui domine, noté tel quel dans la synthèse officielle de la réunion, est sans appel : les Noiséens « sont surtout là pour payer ».
Ce n’est pas de la concertation. C’est de la figuration.
Sur le fond, un habitant pose la question qui aurait dû clore le débat : *« L’heure n’est plus aux explications. Est-ce qu’on a la garantie que le calendrier sera tenu ? »* La réponse — « le nouveau calendrier sera respecté » — nous la connaissons déjà. Nous savons désormais ce qu’elle valait : onze mois.
Une pétition, mais à quel prix pour vos données personnelles ?
Au-delà du théâtre politique, la pétition mise en ligne le 2 juin 2026 soulève une question de conformité qui, elle, ne relève d’aucune opinion : elle se vérifie, texte à l’appui.
La politique de protection des données du site municipal l’affirme elle-même, noir sur blanc : *« Les destinataires de vos informations personnelles sont précisés dans la mention d’information apposée sur les formulaires »* ; et : *« Vos informations personnelles sont conservées uniquement pour le temps correspondant à la finalité de la collecte telle qu’indiquée sur le formulaire de collecte. »*
Or que trouve-t-on sur le formulaire de la pétition, qui collecte prénom, nom, e-mail et **adresse postale** ? Une mention réduite à une phrase, sans destinataire, sans durée de conservation, et renvoyant vers une adresse — information@noisylesec.fr — qui ne correspond pas à celle du délégué à la protection des données affichée par la politique générale du site : dpo@noisylesec.fr.
Delphine Cornu, DGA, occupait jusqu’alors ce poste.
Poste clé, départ silencieux : Delphine Cornu, DGA chargée de la protection de vos données, s’en va vers Nogent-sur-Marne — ville de droite. Elle n’est pas seule sur la route : la DRH de Noisy-le-Sec y file aussi. Même exode, même destination, deux cadres en moins — et un exécutif muet. Une question ne trouve toujours pas preneur : qui remplace Mme Cornu au poste de DPO ? Vos données personnelles, elles, attendent toujours de savoir à qui — et à quoi — elles serviront demain. A quoi va réellement servir nos données personnelles ? Vont elles servir pour les prochaines élections ? La question se pose.
Quatre manquements, quatre questions, aucune réponse à ce jour :
- Aucun destinataire mentionné — les données seront-elles transmises au Département, publiées, décomptées ? Le silence est total.
- Aucune durée de conservation précisée — un mois, un an, jusqu’à la fin du chantier — soit, au rythme actuel, potentiellement 2028 ?
- Une adresse de contact incohérente — information@noisylesec.fr affichée comme celle du DPO, quand la politique générale du site désigne dpo@noisylesec.fr.
- Une base légale interrogeable — une collecte fondée sur une « mission d’intérêt public », pour un texte signé « Nous, élu·es de la majorité », donc de nature manifestement politique.
Ce ne sont pas des broutilles administratives. Ce sont les garanties mêmes que la loi impose à toute collectivité qui sollicite la confiance — et les données — de ses administrés.
Conseil de quartier centre-ville : la mascarade continue
Au programme également : la promotion, bien sûr, de la pétition — et, pour couronner le tout, la mise en cause de « l’ancienne municipalité », celle d’avant 2020, convoquée comme explication toute trouvée à l’incapacité de l’équipe actuelle à suivre correctement les travaux du tramway T1.
Six ans de mandat, et toujours les mêmes coupables tout désignés. Des élus mains dans la page, irrespectueux, venus dire des choses que les noiséens savent déjà, et des élus qui arrivent en retard tout au long de la réunion. Bref, les conseis de quartier sont devenus des réunions politiques sans intérêt citoyen où on nous fait croire que donner notre avis est important pour des projets déjà tout prédéfinis et préchoisis.
Pour conclure
Ni le calendrier, ni la concertation, ni la conformité aux règles qu’elle s’impose à elle-même : sur ce dossier, en six ans, la majorité municipale n’aura tenu ni promesse ni délai.
Les Noiséens méritent un calendrier qu’on respecte, pas qu’on répète. Ils méritent une concertation qui les accueille, pas qui les déplace. Ils méritent une transparence qu’on assume, pas une mention d’une ligne qu’on esquive.
Ce n’est pas la mobilisation qui manque à ce dossier. C’est le courage d’en assumer le bilan. Et à l’heure des comptes, une pétition ne remplacera jamais un chantier tenu.
Cet article s’inscrit dans le cadre de la liberté d’expression garantie par l’article 10 de la Convention européenne des droits de l’homme et la loi du 29 juillet 1881 sur la liberté de la presse.
Sources : réunion publique du 8 juillet 2025 (salle des mariages, Noisy-le-Sec) — transcription et synthèse ; calendrier général de l’opération T1 Bobigny–Val-de-Fontenay ; pétition municipale « Les travaux du tramway, les habitants de Noisy-le-Sec méritent le respect », publiée le 2 juin 2026 sur noisylesec.fr ; politique de protection des données du site noisylesec.fr.
Cet article s’inscrit dans le cadre de la liberté d’expression garantie par l’article 10 de la Convention européenne des droits de l’homme et la loi du 29 juillet 1881 sur la liberté de la presse.